Agenda

30 oct – 2 nov 14 : Week end « Exploration d’une alliance Femmes-Hommes »

Logo AVEC personnages raboté

Trois jours pour se relier, s’exprimer, se reconnaître, ré-enchanter et cocréer : voyez les éléments de mémoire de cette rencontre et des témoignages …

 

 

Intention

Se retrouver autour de la même table, femmes et hommes,
équivalents, interdépendants, co-responsables, engagés,
cocréateurs de notre devenir commun,
en lien avec le vivant et au service de la Vi
e.

Résumé

Ce week-end de 3 jours a rassemblé 34 femmes et 29 hommes, 37 personnes avaient souhaité être rendues présentes. Ils ont exploré une alliance nouvelle sur base du processus du « Travail qui relie » (Joana Macy – www.terreveille.org) : se relier, s’exprimer, libérer ses ressentiments personnels et collectifs, se reconnaître mutuellement, ré-enchanter la relation ; et en mode forum ouvert : cocréer dans une expression citoyenne « Quels changements souhaitons-nous voir et mettre en oeuvre dans notre société dans les domaines qui sont les nôtres ? ». La Biodanza® a contribué par le mouvement à l’intégration des expériences vécues.

Eléments de mémoire de cette rencontre

Les participants avaient identifié des phrases inspirantes issues des conférences de l’année et de leur propre expérience.

Coeur Bougie

Un conte original « De la poussière à l’alliance » fut récité lors d’un rituel merveilleux et sacré vécu le samedi soir.

 

Témoignages

Une expérience de reliance magnifique preuve qu’il est possible de vivre ensemble dans la simplicité d’être lorsqu’il y a respect et bienveillance….
Seul on va vite….. Ensemble on va loin….
Véronique.

Un travail très puissant de guérison et d’ouverture du coeur.
Pierre-Yves.

Je suis littéralement subjugué de la capacité d’écoute des femmes et des hommes, subjugué de la capacité de non-jugement, subjugué par la facilité et la simplicité des nouvelles rencontres ; oui, la Belle Verte c’est ici !
J’aimerais en parler à tout le monde mais c’est tellement fort que j’ai la crainte qu’une personne ou qu’un couple « non préparé » en ressorte trop choqué (dans le sens positif du terme) et subisse un atterrissage difficile.
C’est un peu mon cas mais quel pied j’ai pris et je prends encore !
Serge.

Découvrir ce que c’est que l’humanité au-delà des rapports hommes-femmes.
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Un immense cadeau en retrouvant des frères et des soeurs d’âmes qui partagent la même envie de progresser, d’être en chemin en toute humilité et en « aimant-titude ».
Ce week-end remplit mon réservoir de confiance en moi, en la Vie, en Nous :-) .
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Je suis honorée d’avoir contribué à l’organisation de ce week-end, c’est tellement beau et fort de vivre une Alliance ! En tant que participante, j’ai vécu une profonde transformation en moi ; une ‘re’connaissance de l’homme et de la femme. Un week-end purificateur, d’une douce puissance qui a permis à mon couple extérieur, à nous deux mon mari, de poursuivre notre chemin avec une nouvelle relation vraiment authentique, respectueuse et aimante.
Bénédicte Mairy.

L’expérience de l’Alliance ressentie dans le corps, la vision d’un groupe de 80 personnes qui bougent ensemble, des moments puissants de créativité, de co-création et de récréation.
Jean-Luc.

Dans cette diversité de femmes et d’hommes, de situations et de propositions, de co-créations, j’ai goûté la différence qui enrichit et celle qui confronte. J’ai appris, mieux encore, à accueillir l’autre qui, comme moi, cherche une voie praticable, partageable. J’ai fait un pas dans ma capacité à m’accueillir avec bienveillance. J’ai apaisé la fragile puissance du masculin face à la puissante fragilité du féminin. J’ai connecté la joie simple et entière d’être un homme.
Marcel.

Une expérience vibrante, intense en énergies avec des propositions originales et variées destinées à se rencontrer, à se relier et à célébrer la beauté d’être une femme/un homme.
Geneviève.

Un week-end à découvrir pour redécouvrir une véritable communion entre homme et femme. On ne peut pas l’expliquer, il faut le vivre.
Etienne.

Découvrir ce que c’est que l’humanité au-delà des rapports hommes-femmes.
Aline.

Un immense cadeau en retrouvant des frères et des soeurs d’âmes qui partagent la même envie de progresser, d’être en chemin en toute humilité et en « aimant-titude ».
Ce week-end remplit mon réservoir de confiance en moi, en la Vie, en Nous :-) .
Michèle.

Une expérience nouvelle qui permet de voir et rencontrer « l’autre genre » de manière plus accueillante et ouverte, avec moins de préjugés…
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Moment d’une grande profondeur dans le respect de l’identité de chacun.
Denise.

J’ai vécu l’ouverture à mon propre Féminin… et donc plus d’accueil envers le Masculin que j’assume d’autant mieux. Je ne l’associe plus à l’agresseur, et j’y vois sa propre vulnérabilité et la Beauté dans sa Puissance Consciente.
C’est Magnifique, une véritable guérison ! Je peux enfin devenir Femme, un vraie, libérée des peurs qui m’enfermaient dans mes expériences de souffrances du passé (agression sexuelle, dévalorisations par mes parents des valeurs féminines de bienveillance qui voulait un « ket » auquel j’étais tenue de m’identifier si je voulais avoir une place).
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Liste des initiatives qui ont émergé lors de la cocréation citoyenne du 3ème jour

Ce week-end d’Alliance Créatrice veut créer un changement de regard intérieur vers l’autre et stimuler l’émergence de cocréation citoyenne pour un changement dans les domaines de la société où vivent les participants.

Voici ci-dessous un tableau reprenant le titre de l’initiative, la personne qui l’a initiée et un lien vers le document de description rempli le jour même sous sa forme originale. Le nombre de pastilles rouges donnent l’intensité de l’enthousiasme soulevé par l’initiative.

Suite de ce projet : ce qui va émerger de ces initiatives fera l’objet d’une présentation lors de la journée de retrouvailles « après l’hiver » le dimanche 22 février dès 10h30 à la Maison de la Culture de Namur.
Cette présentation sera suivie d’une auberge espagnole et de la représentation de la pièce « Corps et désaccords », à laquelle s’ajoutera une séquence de théâtre interactif avec le public animée par le metteur en scène et les acteurs.
Ce temps est ouvert à tous.

Titre Initiateur Liens
Vers une nouvelle alliance entre les générations pour naviguer dans ce monde Quentin de Pret PPPP_01
De la dépendance affective vers le nous libre d’être Damien Destexhe PPPP_02
Galerie d’art…istess Gabrielle Herbier et Daniel Hemans PPPP_03
Communauté du don Cathérine Schollaert et Jean-Marc Simon PPPP_04
Cercles Hommes-Femmes Bénédicte Mairy PPPP_05
Groupe de partage, de massage touché caresses Raphaël Collignon PPPP_06
Création d’un deuxième week-end Jean-Marc Simon PPPP_07
Nouvelle alliance Femme-Homme pour adolescent(e)s Serge Claeys PPPP_08
Créer un bulletin de contact et d’info pour nous relier par le net Paul Hootelé PPPP_09
Cercle de partage sur le polyamour Damien Destexhe PPPP_10 10_02
Se retrouver pour des nuits câlines en paquerette Claude Castille PPPP_11
Organiser un week-end alliance hommes-femmes en France Isabelle Annycke et Eric Sanner PPPP_12
Créer une dynamique relationnelle dans une famille ? PPPP_13
Partage de vécu sur l’alchimie émotionnelle Claude Castille PPPP_14 14_02
L’alliance homme femme dans la chambre à coucher : groupe hommes femmes Valérie Moeneclaey PPPP_15
Groupe de femmes Martine Dussart PPPP_16
Des racines et des ailes (1) Samantha Arnauts PPPP_17
Groupe de travail qui relie pour fête famille Aline Wauters PPPP_18
Budget du week-end en positif Claude Castille PPPP_19
Prendre soin du lien qui a été engendré ce we etntre les homme et les femmes Anne Gillard PPPP_20
Journée annuelle de l’alliance femmes-hommes Luc-André Defrenne PPPP_21 21_02
Des racines et des ailes (2) Samantha Arnauts PPPP_22
Créer des cellule locales aussi ouvert vers d’autre langues et cultures Marianne Bollen PPPP_23
Intelligences multiples au service de la nouvelle alliance Benoit De Bellefroid PPPP_24

 

 

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4 oct 14 : Femmes et hommes : quelle nouvelle alliance possible ?

PauleS5bLeleu2Conférence par Paule Salomon et Gérard Leleu, Louvain-la-Neuve – Accédez à la vidéo et à la synthèse …

 

 

 

Une femme d’expérience et un homme d’expérience ont été présents pour donner leur regard sur l’alliance possible entre les femmes et les hommes et répondre à nos interrogations.

Vidéo des deux conférences

Paule Salomon  


 

Gérard Leleu


 

Synthèse de la conférence de Gérard Leleu

Rédigée par Geneviève Deschuyteneer

Les relations femmes/hommes passent par une phase critique.

Dans l’histoire de la relation homme/femme : 3 phases

-        Matriarcat (déesse mère toute puissante)

-        Patriarcat

-        Aujourd’hui, on sort du patriarcat, on cherche une nouvelle forme de relation

Au cours de la préhistoire, division du travail : la femme reste au gîte pour assurer la survie de l’espèce. Fondamentalement, rien n’a changé.

Au niveau de la création du couple : on se choisit à  présent.

Lorsque l’homme a commencé à se mettre debout, l’homme et la femme se sont regardés. (pérénisation du couple). Le désir est permanent et il renforce le couple.

La « désirabilité » s’est installée : importance de la main, de la caresse.

Aujourd’hui, les hommes nouveaux caressent par amour (caresse gratuite).

Le matriarcat : la femme est considérée comme la déesse mère

La femme est au gîte et s’occupe d’élevage, culture, poterie, tissage…

La femme est détentrice de plusieurs pouvoirs.
Elle a le pouvoir de donner la vie, pouvoir considéré comme surnaturel car il n’y a pas de lien entre l’acte sexuel et la grossesse.

Elle a un pouvoir de prophétie.
Elle a un pouvoir érotique : pouvoir d’attraction, d’ivresse, d’attachement .

Le patriarcat : l’homme prend le pouvoir et la femme devient dépendante

L’homme découvre son rôle dans la procréation : son sperme permet d’engendrer la vie.

L’homme a le rôle de rétablir l’ordre : accroissement de la population.

Sa force physique est nécessaire : invention de l’agriculture.

Les femmes sont exclues de la justice, de l’éducation : elles ont un statut inférieur, comme les enfants ou les esclaves.

Invention du mariage : la femme est soumise à l’homme. Les femmes sont réparties entre les hommes. L’homme transmet son nom et son patrimoine.

La fidélite est imposée. Sinon punitions cruelles envers les fesmmes infidèles : lapidation, bûcher.

Répression de la sexualité : mutilation, excision…

Dévalorisation de la femme : la femme doit être fragile

Culpabilisation de la femme via les religions : la femme est coupable du pécher originel

Les hommes ont peur des femmes.

-        Peur d’autrefois : la femme donne la vie et l’homme est en dehors du coup.

-        Puissance sexuelle de la femme.

-        Peur d’être épuisé et de ne pas tenir leur rôle de chasseur, constructeur.

-        Peur de ne pas satisfaire les demandes

-        Peur de l’amour : l’homme a une « maîtresse » : il est possédé – femme fatale.

-        Peur de perdre ses avantages

-        Peur de la différence

Guerre des sexes : chasse aux sorcières

Excision. Au 19ème siècle, les médecins ont pris le relais du clergé.

Jésus est un grand féministe : langage d’amour.

Au fil des siècles, la femme a dû renoncer à sa part masculine et l’homme a dû renoncer à sa part féminine.

Qu’est-ce qu’un homme nouveau ?

L’homme nouveau est un père nouveau. Il est important qu’il soit présent dès la grossesse auprès de la femme, qu’il s’occupe du bébé, le lange…

Il est important que l’homme fréquente des groupes d’hommes.

L’homme nouveau est un homme qui fait le mariage intérieur entre son animus et son anima. En fonction des circonstances, il adapte sa position animus (jouer au rugby) et sa position anima (langer le bébé).

Alors que l’homme ancien considère la femme comme un être inférieur qu’il faut dominer et comme  un être dont il a peur, l’homme nouveau considère la femme comme une égale avec laquelle il faut s’allier. Il devient un entraîneur, un libérateur.

L’homme ancien/traditionnel est cruel, belliqueux, combatif.

L’homme nouveau utilise son agressivité pour la tranformer en courage.

L’homme nouveau assume sa sensibilité et est dans ses émotions. Il aime communiquer et échanger.

Aujourd’hui, libération de la sexualité. L’homme est comme un dieu et la femme comme une déesse. Faire l’amour, c’est s’élever (acte spirituel).

Pour être un homme nouveau : dosage difficile

Etre viril                      et non macho

Etre sécurisant            et non dominant

Etre tendre                  et non mou

Etre féminin                et non efféminé

Etre protecteur et non inquisiteur

Etre vulnérable           et non fragile

Etre sensible               et non dans la sensiblerie

 

Synthèse de la conférence de Paule Salomon

Rédigée par Geneviève Deschuyteneer

Comment ça se joue et se rejoue dans ma vie ? Nous rejouons des scénarios anciens et nous en jouons des nouveaux.

La relation homme/femme s’appuie sur un déroulement historique. Il y a des blessures historiques et collectives qui entravent la relation homme/femme.

1. Phase du matriarcat : archétype du fils amant. Relation fusionnelle avec la mère : à travailler (c’est englobant, destabilisant). C’est très profond. Il est important de s’en détacher (fascination).

2. Phase du patriarcat : domination masculine, soumission de la femme. Prise de pouvoir.

3. Phase de révolte/conflit/tyrannie/guerre.

4. Phase éclairée : on s’informe, on veut grandir (mental). Il est plus facile de dire que de faire. On sait des choses mais on n’a pas encore le pouvoir d’écarter les obstacles, sauf si on fait un travail sur soi.

Le danger est que chacun se cristallise dans sa différence.

Chacun va développer sa conscience, ne plus accuser l’autre. Chacun revendique sa liberté.

Accepter son ombre. Equilibrer son masculin et son féminin.
La spiritualité nous appelle de la pesanteur à la grâce : quelqu’un nous cherche.

L’alliance homme/femme n’est possible que si on chevauche une spirale d’évolution.

5. Phase complémentaire intérieure : Féminin/Masculin et Masculin/Féminin.

On cherche sa complétude personnelle autant qu’on cherche l’autre. « Avec toi et sans toi ». « Etre bien seul et avec toi ».

Symbôle Masculin/Féminin : symbôle Coupe/épée : échange fécondant et enrichissant.

L’homme intègre le féminin à travers la coupe. La femme intègre le masculin à travers l’épée.

Enjeu du couple : la femme nourrit son masculin avec les qualités de l’homme qui est avec elle et l’homme nourrit son féminin avec les qualités de la femme qui est avec lui.

Sortir de la différence, de l’exclusion. L’homme et la femme ont du masculin et du féminin.

L’amour romantique complémentaire : se nourrit du manque (je te désire et je te dévore)

Animus (agir) et Anima (goûter, accueillir, jouir) : Chaque partie est appelée à l’autre partie. Ne pas confondre l’anima avec la femme réelle. (au début, les deux se superposent).

La nouvelle alliance passe par la sororité : cercles de femmes : goûter à la subtilité de ces cercles. Elles rendent les femmes plus aimantes pour les hommes.

6. Phase androgyne : solaire/lunaire et lunaire/solaire.

Pratique verticalisée : 2 personnes deviennent solitaires/solidaires. Elles se donnent du pouvoir l’une à l’autre.

« Viens, vas vers toi » : « Viens » = je n’ai pas peur de ton fusionnel. « Vas vers toi » = N’aie pas peur de prendre ton envol.

Couple solaire/lunaire : notre horizon, notre chance. Bonheur de la fraternité – créativité solaire, réceptivité lunaire.

7. Sagesse-éveil : couple éveillé dans la rencontre des corps et des âmes. Elévation des centres d’énergie. Aller vers l’autre et revenir vers soi. Plus on s’approche de la lumière, plus on rencontre son ombre.

Le suc, la sève de la vie : être tellement nu, vibrant, respirant.

Importance du travail sur le corps pour revenir à soi : se centrer plusieurs fois par jour, respirer (intériorisation par la respiration)… pour récupérer sa nature profonde, sa joie du coeur, pour soigner ses blessures.

Aller jusqu’au bout de soi-même. Le sexe est la porte de l’amour et l’amour est la porte de la réalisation intérieure.

Etre médiateur l’un de l’autre. Quel est l’être qui me fait grandir, m’envoie une résonnance intérieure ?

Certains ont un secret pour moi. Ils peuvent m’apporter une révélation.

Dans la rencontre amoureuse, chercher Dieu, porte de l’infini,

L’admiration mobilise la femme dans l’amour. Elle cherche Dieu.

Dimension de l’unité, la voie du milieu : sortir de la dualité, facteur de conflit.

Ne pas se copier : nécessité d’un changement radical.

Annonce initiale de la conférence

PauleS5b

De Paule Salomon : Une nouvelle vision du couple, du masculin /féminin et de leur interaction apparaît dans les propos et les écrits.

Après avoir subi pendant des siècles un fusionnel englobant, une domination conjuguée d’une soumission, une exploitation qui s’exaspérait en conflit, les hommes et les femmes réajustent leur différence, prennent conscience du parcours de transformation qui peu à peu les libèrent. D’abord enchaînés l’un à l’autre par la reproduction, ils apprennent à se respecter, à co-créer, collaborer pour avancer sur le chemin de leur autonomie et de leur androgynat. Evoluer et grandir ensemble consiste à se donner du pouvoir et de la liberté l’un à l’autre.

Sortis de la disette affective on s’achemine vers une générosité mutuelle. Le masculin des hommes est enrichi par le masculin des femmes, par leur interprétation de la virilité, le féminin des femmes est redimensionné par la sensibilité des hommes. Cet échange est particulièrement visible dans l’amitié, la sensualité et la sexualité d’inspiration tantrique ou taoïste.

Philosophe et psychothérapeute, Paule Salomon a publié une douzaine de livres dont La Femme solaire (1992), La Sainte Folie du couple (1994), Les hommes se transforment (1999). Elle enseigne le développement personnel et propose une voie du cœur, un art de l’être et un art d’aimer, enracinés dans la sagesse du corps.

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Leleu2De Gérard Leleu « L’Histoire a un rôle thérapeutique » écrivait le grand historien Flandrin, sans doute englobait-il la Préhistoire. Car dans la vaste cosmogonie des relations entre la femme et l’homme tout s’est posé dés lors : l’apparition de « l’homo eroticus », la prématurité du petit humain donc la nécessité du couple et la division du travail, le rôle « divin » de la femme et par conséquent la peur de l’homme et sa répression de la femme durant des millénaires jusqu’à multiplier les tentatives de sexocide réel ou institutionnel.
Sortir du patriarcat c’est plus qu’un changement de paradigme c’est un changement de civilisation et la seule façon pour homo sapiens sapiens d’échapper à sa disparition annoncée. L’homme nouveau participera au sauvetage de notre espèce : il s’agit de transformer le prédateur le plus cruel qui ait existé, trop souvent livré à son instinct agressif en homme sage plus que savant.
L’homme nouveau est un homme qui s’affirme dans ce qu’on considère comme masculinité – sa force, son goût de l’action, sa rationalité – sans renier sa sensibilité, sa sensualité, son intuition, son intimité autant de « valeurs » considérées comme féminines.

Le Dr Gérard Leleu est médecin, sexologue et thérapeute de couple. Il est aussi l’auteur de plus de vingt ouvrages sur l’amour et la sexualité dont le très connu Traité des caresses. Il a créé l’Association Française pour la réconciliation et l’alliance des femmes et des hommes.

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Les réservations ont été assurées par notre partenaire via ce lien Maison de l’écologie – Namur 

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14 sep 14 : Rencontre Authentique en Groupes de Parole Femmes-Hommes

RHB1

Questions et réponses en respect et authenticité, Louvain-la-Neuve – découvrez les enseignements de cette expérience …

 

 

 

Annonce initiale 

Image Fes et Hos avec point interrrogation

Le monde des femmes et le monde des hommes ne sont-ils pas parfois très éloignés l’un de l’autre ?  Que savons-nous vraiment de ce que l’autre vit, de ce que les autres vivent ? Nombreux peuvent être les préjugés … Nombreuses sont les interrogations que nous pouvons avoir sur l’autre, les autres.

La pratique des groupes de parole, promue par le Réseau Hommes Belgique, est une réelle opportunité de prise de conscience authentique sur soi et sur les autres.

Nous nous invitons ainsi à un moment de partage sur les questions qui sont les nôtres sur l’autre, sur les autres.

Ce sera un moment peut-être de révélation vécu dans l’expression et l’écoute authentique et le respect profond de chacun-e.

Les enseignements de cette expérience

Les partages en groupes de parole « double-cercle » furent confidentiels, néanmoins, voici ce que les femmes et les hommes ont déclaré avoir appris :

NB : ce qui est écrit étant ce qui est exprimé par une ou plusieurs personnes, évitons les généralités, voyons plutôt les nuances

Ce que les femmes nous ont dit avoir appris des hommes :

  • Capacité de sortir de sa coquille après un profond silence
  • Leur besoin d’être rassuré
  • Intérêt pour la sexualité sacrée
  • Capacité d’ouverture et d’implication
  • Impuissance (Démunis) face aux situations de violence vécues par les femmes
  • Leur sensibilité
  • Une phrase-clé : « Je n’ai plus besoin de vivre avec quelqu’un pour être engagé, car j’ai d’abord besoin d’intimité avec moi-même »
  • Ce que certains hommes n’aiment pas des femmes : être exigeantes, intrusives, dépendantes, envahissantes
  • Ils aiment chez la femme : les formes, la peau, le sourire, le regard, la spontanéité, l’énergie, l’émanation, les caresses
  • Ils peuvent avoir peur que les femmes profitent de leur vulnérabilité
  • Ils peuvent être ouverts à une sexualité tantrique
  • Certains aiment la vie de couple au quotidien
  • Certains s’engagent et aiment cela
  • Certains disent que la femme peut l’aider dans son évolution
  • Importance/Rôle de la relation à la mère : e.g. danger d’être envahissante (comme maman par rapport au garçon) – Sensibilité de leur histoire
  • Peur d’intrusion chez certains
  • Presque plus d’espoir d’une belle rencontre chez certains
  • Besoin de se connaître avant de s’engager
  • Besoin de sortir des clichés
  • Importance de la tendresse
  • Ils ne se sentent pas toujours entendus par les femmes
  • Ils n’ont pas appris à parler de leurs émotions
  • Ils peuvent avoir soif de garder un mystère dans la relation

Ce que les hommes nous ont dit avoir appris des femmes :

  • Etonnement face à l’importance des blessures du vécu des femmes
  • Importance de la confiance dans la relation
  • Peur-sensation d’insécurité face à l’agression potentielle de certains hommes (en rue …)
  • Certaines femmes perçoivent des hommes manipulateurs
  • Certaines femmes aiment que l’homme soit protecteur
  • Etre reçu/accueilli, accepté sans jugement (c’est une réparation)
  • Diversité des vécus, des ressentis
  • Désir du courage des hommes
  • Aiment le bricolage, être sexy
  • Sexe et addiction possible : j’ai découvert le lien qui existe entre « je paye l’addition au resto et donc j’ai le droit de monter boire un verre chez toi »
  • Importance du lien avec sa féminité
  • La sexualité est importante pour elle
  • Désir d’harmonie et de sortir du clivage homme/femme
  • Responsabilités à partager (rôle dans le couple : enfant)

Ce que les hommes et les femmes nous ont dit avoir appris des femmes et hommes :

  • Même recherche dans la vie
  • Aspirations semblables
  • (parfois) Difficulté à les communiquer
  • On a tous besoin d’être rassuré
  • Prendre le temps et accueillir avec bienveillance permet de toucher aux essentiels
  • L’amour est dans la communication
  • Différences des rythmes&vécus dans la sexualité
  • Au fond, on veut les mêmes choses (autre réparation) : écoute, communication, authenticité
  • Importance à continuer à partager entre hommes et femmes sur comment réaliser ces objectifs
  • Mis-à-part le physique et le conditionnement culturel, nous sommes les mêmes
  • Peurs semblables
  • Désir commun de se rencontrer autrement
  • On peut partager les vécus sans être jugé
  • Chacun cherche à avoir sa place, comme homme ou femme
  • Besoins similaires, pas très différents

Méthodologie appliquée : le « double cercle »

Les femmes et les hommes, rassemblé-e-s chacun-e-s de leur côté, ont établi des questions à poser à l’autre sexe : ce que vous auriez toujours souhaité demander à l’autre sexe et que vous n’avez jamais osé.

Ces questions furent ensuite répondues de façon anonyme dans le format du double-cercle : par exemple, les hommes sont dans un cercle intérieur répondant aux questions des femmes qui forment un cercle extérieur entourant le cercle intérieur. Les femmes restent en silence et écoutent les réponses des hommes. Ensuite on inverse pour que les femmes répondent aux questions des hommes qui à leur tour les écoutent en silence.
A suivi un partage en grand groupe.


Une organisation en partenariat du Réseau Hommes Belgique

RHB1

 

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2 juillet 14 : Journée d’été : « Mars et Vénus » revisité – Ateliers

ImprimerSortons des clichés ! - Louvain-la-Neuve – Regardez la conférence d’intro et l’animation théâtrale …

 

 

 

marsvenus

Annonce initiale de l’événement

Les hommes ceci, les femmes cela, … et s’il s’agissait de constructions sociales qui nous rassurent parfois, mais qui réduisent souvent nos visions et nos vies ? Et si nous éprouvions une plus grande liberté en exprimant la diversité de ce que nous sommes en réalité ? Dans le cadre du projet « Chemin citoyen vers une nouvelle alliance des femmes et des hommes », le CEFA asbl vous invite à comprendre et déconstruire sérieusement, mais avec humour, les stéréotypes de genre qui circulent parmi nous à travers 4 ateliers, introduits par une spécialiste de la thématique, Aurore Kesch (Vie Féminine). Entre les ateliers, un goûter convivial et théâtral vous sera servi au soleil. De quoi nourrir chaleureusement notre réflexion… et nos relations en ce début d’été !

Ateliers  : Questions de genre (Le Monde Selon les Femmes) – Masculinités (Patrick Govers, enseignant-chercheur à l’ULg) – Murs et Vénas (Vie-Féminine) –  Trans* pour les nulLES (Genres Pluriels)

Vidéo de la conférence introductive d’Aurore Kech – Vie Féminine – Murs et Venas


Vidéo de l’animation théâtrale d’Annick Honorez et de Max Bastin 

Voici une « saynète » pleine d’humour et de vérité sur les relations femmes-hommes, avec et au-délà des stéréotypes.
Annick et Max racontent leur histoire de couple entre conflits et tentatives de rapprochement – beaucoup d’humour, de simplicité et de vérité


 

Organisé par le CEFA asbl

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Avec le soutien de

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19 juin 14 : Les hommes se transforment

Logo mkpTémoignages d’hommes en chemin, Louvain-la-Neuve – Ecoutez leur témoignage …

 

Annonce initiale de l’événement

Comment développer aujourd’hui une masculinité mature ? Comment devenir un homme « meilleur » ? Comment contacter sa puissance d’homme, dans la conscience et le respect de soi et des autres? Dans notre monde moderne où il n’existe plus ou peu de rite de passage réellement significatif vers la masculinité, des hommes ont mis en place un week-end initiatique, permettant à chacun de se réapproprier ce masculin sacré: c’est l’Aventure Initiatique du Nouveau Guerrier (AING). Cette soirée est organisée par le Mankind Project, association à l’origine de ces week-ends. Elle offre une tribune aux hommes qui viennent de vivre leur week-end d’initiation. D’autres hommes en chemin – mais aussi les femmes, et les enfants! – auront la possibilité de réagir, et de témoigner de leur cheminement. Bienvenue à tous!

Témoignages en audio :

Merci à eux d’avoir accepté que leur témoignage soit accessible au plus grand nombre !

Témoignage de François Gérard

Témoignage de Benoît :

Témoignage de Pierre Stassart :

Témoignage de Christian Annet:

 

Une collaboration avec les hommes de Belgique du ManKind Project Europe FrancophoneLogo mkp

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 juin 14 – Les femmes se transforment

Logo AVEC personnages rabotéTémoignages de femmes en chemin – Louvain-la-Neuve  - Ecoutez leur témoignage …

 

 

 

Annonce initiale de l’événement

Face à la nécessité de réhabiliter dans notre monde les valeurs féminines, les femmes s’interrogent sur la façon dont elles peuvent mieux les incarner.

Qu’est-ce qu’être femme ?
Qu’est ce qui anime la femme que je suis aujourd’hui ?
Quelles sont mes responsabilités ?
Quelles expériences de vie et quelles découvertes m’ont amenée à développer ma puissance et ma féminité ?
Quels sont mes dons spécifiques ? 
Comment est-ce que je participe au monde d’aujourd’hui et comment j’y occupe ma place de femme ?

Individuellement ou en participant à des cercles, les femmes explorent leur chemin de conscience et de transformation.
Quelques invitées témoigneront de leur vécu ainsi que les femmes présentes qui le désirent.
Bienvenue aux hommes !

Témoignages en audio :

Merci à elles d’avoir accepté que leur témoignage soit accessible au plus grand nombre !

 

Témoignage de Véronique Luhmer :

Témoignage de Anne De Spiegeleare : 

Témoignage de Marina Van Cutsem : 

Témoignage de Anne-Chantal : 

Témoignage de Ingrid Wolfs : 

 

 

Tous les partenaires

8 mai 14 – Hommes et femmes en chemins culturels

MikeConférence par Michaël Singleton, Anthropologue, - Accéder à la vidéo et à la synthèse …

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence

Pour les Chrétiens, mais pour eux seulement, l’ancienne alliance ayant fait faillite, il fallait une nouvelle alliance définitive. L’existence universelle et univoque de l’Homme et de la Femme étant tout aussi problématique pour un anthropologue qu’une Religion ou Pensée unique, il y a lieu de se demander pour quels hommes et pour quelles femmes une nouvelle alliance (plutôt qu’une alliance renouvelée) s’impose et pour combien de temps ? Il faut chercher la réponse en aval dans la complexité interculturelle des rapports homme/femme, mais surtout en amont du côté de la logique humaine tout court.

-> Plus d’informations sur Michaël Singleton : M.Singleton

-> Bibliographie de Michaël Singleton : ICI

 Synthèse de la conférence

Rédigée par Fredou Braun. Merci à Pierre-Yves Wauthier pour sa relecture et ses corrections pertinentes.

Né en 1939 en Angleterre, Michael Singleton, ancien « père blanc » et anthropologue, professeur émérite de l’UCL, est connu pour son accent et son humour britannique. Laissons-nous emmener en voyage !

Le sujet de l’alliance hommes/femmes est d’actualité avec le tragique enlèvement des filles au Nigeria, mais aussi avec le dernier triomphe féministe : une première femme entraîneur de foot d’un club professionnel masculin en France. Seuls le Vatican et la Formule 1 tiennent encore les femmes à distance.

L’anthropologue exprime ce qui lui parait paradoxal dans l’interculturel concernant la libération des femmes, en particulier à partir de son vécu africain. Car après avoir libéré les pieds des chinoises, on veut maintenant leur vendre des hauts talons ! On a voulu convaincre les femmes d’enlever les plateaux de leurs bouches, mais on leur envoie des chirurgiens esthétiques ! Les missionnaires ont convaincus les femmes nues de porter des soutiens gorges, alors qu’elles sont serveuses aujourd’hui dans des bars où les femmes blanches sont maintenant en monokinis !

Plutôt que de réaliser un tour d’érudition ethnographique, encyclopédique, il est intéressant de réfléchir sur ce que comportent les échanges interculturels dans le domaine de l’alliance hommes/femmes, à partir de l’« épaississement empirique » ou l’étalage des évidences ethnographiques.

Quelques exemples de possession par les esprits 

Au début des années 70, lorsque Singleton vivait dans un petit village au fin fond de la brousse tanzanienne, chez les Wakanongos, il fut témoin de plusieurs cas de possession de femmes par les « esprits » : situations habituelles « car la moitié des femmes sont possédées la moitié du temps ! ». Certains esprits sont envoyés exprès, ils ont une mission, d’autres passent par là par hasard, mais ils ne viennent pas inutilement … Les femmes font-elles semblant pour avoir gain de cause dans la guerre des sexes ? Elles disent que ce n’est pas leur faute, que c’est leur esprit ! Singleton enregistrait tout. Pour le blanc agnostique qu’il était, c’est l’inconscient qui s’exprime.

Dans le premier cas, Singleton est appelé par un autochtone auprès de son épouse alors possédée par un « méchant esprit ». Singleton  la trouve assise par terre, gigotant dans tous les sens, dans un état semi-comateux, présentant tous les symptômes de la possession. En mettant de l’encens, les esprits se calment et on peut dialoguer avec eux, les flatter. Ici, c’est Fatou, un esprit femme, qui exige un foulard, une robe et une paire de sandales. Ce qui est tacitement inscrit dans le contrat de mariage. Singleton se retourne vers le mari qui lui répond qu’il n’a pas de sous pour lui acheter tout ça. Alors il faut négocier avec l’esprit. Est-ce que cette année-ci un foulard pourrait suffire ? Fatou accepte et s’en va, la femme reprend ses esprits à elle et demande à son mari de faire un effort et d’acheter le foulard.

Un deuxième exemple, c’est une adolescente de la ville, la fille du chef, de retour au village et qui s’impose au repas du soir pris entre hommes. Plus tard, hors du regard des hommes, elle prend son bain du soir et se blesse en glissant : elle a été possédée par un esprit ! On l’amène chez un exorciste, tout le monde débarque : encens, musique, chants font entrer l’esprit en scène. De la tête de la jeune fille, l’esprit dit qu’il a été envoyé pour la tuer, car elle a refusé de se marier avec un vieil homme que son père avait choisi pour elle. Son père fâché a donc loué les services d’un esprit pour lui faire entendre raison. La négociation est longue. L’esprit est d’accord de ne pas la tuer, mais seulement de la tourmenter un peu. L’esprit est venu avec un billet aller simple, comment payer le billet retour ? Un autre esprit arrive également, envoyé par le vieux fiancé.

Dans un troisième exemple, Singleton explique qu’il fut lui-même la cible des esprits. Prises de possession, les femmes exprimaient le souhait de fumer elles aussi ! Singleton avait dès lors un budget spécial pour l’achat de cigarettes : les femmes fumaient comme des hommes, mais c’étaient leurs « esprits », pas elles.

Question d’interprétation

Il y a des faits, des données de terrain, des événements qui donnent matière à penser et  interpréter. Selon l’anthropologue, il est essentiel que les interprétations ne dépassent pas trop ce que les données elles-mêmes insinuent ou suggèrent. Si les données sont issues d’un univers de forme « carrée » par exemple, l’interprétation et le sens donné aux expériences ne doit pas aller trop loin, trop vite, jusqu’à en devenir « triangulaire », autrement on se retrouve dans la contradiction. Les idées ne doivent pas trop s’éloigner des épaisseurs empiriques.

Lors d’un retour en Grande-Bretagne, Singleton a raconté ces histoires de possession à sa mère qui travaillait dans un grand asile style victorien, comptant environ 4000 « fous ». Celle-ci sortit tout de suite le gros calibre de l’explication psychologique : ce sont des cas de schizophrénie, de paranoïa, de mégalomanie. Mais l’anthropologue rétorqua que c’était peut-être vrai de « vos fous à vous », mais que les femmes en Tanzanie étaient des femmes « normales », libérées, courageuses ! Selon lui, sa mère faisait une interprétation certes conforme au mode de pensée de la psychologie d’alors. Mais les données de terrain ne donnent pas à penser en ces termes psychologisants.

Lorsque Singleton évoquait les cas de femmes possédées aux féministes des années 70, leurs préoccupations étaient de « libérer les femmes en Afrique ». Suivant leur logique émancipatrice, elles rétorquaient : « Pourquoi les femmes doivent-elles feindre une possession ? Elles ont bien le droit d’avoir une robe ! Ou alors qu’elles divorcent ! » […] « Pourquoi ne pas pouvoir fumer librement, plutôt que devoir passer par le père blanc ? Qu’elles fument si elles en ont envie ! ». Il était culturellement indigne pour les femmes africaines de fumer en public à cette époque.

Aux yeux de l’anthropologue, les explications psychologiques ou les interpétations féministes sont parfaitement cohérentes du point de vue de l’univers de la psychologie ou de celui du féminisme. Mais si on tente, sans brûler les étapes, d’épouser la configuration locale de la culture, pour en comprendre ses phénomènes, alors, ces explications sont excessivement ethnocentriques.

Par exemple, lorsqu’une femme mariée Wakanongo dit « chez moi », cela ne signifie pas « où elle vit », mais « d’où elle vient ». En effet, dans cette société, une femme, même mariée appartient toujours au clan de son père. Lorsqu’un jeune homme souhaite se marier, il doit « arracher » une femme du foyer paternel pour la conduire auprès des siens. Ce mariage, fruit d’une négociation entre les pères des époux, a pour principal résultat d’augmenter la force de travail du clan du garçon (et de consolider des liens entre clan). Rituellement, la femme, même éventuellement contente de quitter le foyer d’un père peu agréable, doit faire semblant de pleurer toutes les larmes de son corps, pour montrer sa peine de quitter le foyer paternel. Sur le chemin, elle s’échappe, parfois plusieurs fois, et le cortège fait demi-tour pour la retrouver et l’« acheter » à bon prix (pour le clan de la jeune femme). A son arrivée au clan de son futur mari, les chants joyeux des autres femmes semblent, à l’anthropologue ignorant, chaleureux et accueillants, mais la traduction n’est autre que : « une esclave de plus pour piler le millet ! ». Par ailleurs, dans ces sociétés, une femme n’est rien avant de produire un enfant. Les hommes « achètent » donc des ventres (et des bras) et si le ventre (ni les bras) ne produisent quoi que ce soit : retour à l’expéditeur !

Il arrive qu’une épouse déçue du traitement qu’elle reçoit profite du travail de son mari aux champs pour rentrer « chez elle » (chez son père, donc). Pour la récupérer, le mari devra peut-être ramper devant elle pour la persuader de revenir chez lui. Le mari qui avait accepté d’acheter le foulard, suite à la possession de sa femme par l’esprit Fatou, avait également supplié Singleton de ne rien dire aux autres hommes du village : il s’agissait de laisser croire qu’il n’avait pas cédé aux exigences de sa femme, mais bien à celles de l’esprit qui la posséda. Ainsi, il n’a donc pas compromis l’honneur du sexe masculin ! Aux féministes de se demander comment il est possible de jouer le jeu du mâle à ce point-là ?

Pour Singleton, la possession par les esprits, c’est tout simplement de l’huile dans les rouages des rapports humains. La sincérité et la transparence absolue est utopique dans les rapports humains à domicile. D’instinct, on cache son jeu, il faut savoir ruser. Interpréter la possession comme un phénomène diabolique, comme une sorte d’aliénation, d’oppression primitive de l’identité féminine, ce n’est pas la factualisation la plus plausible. Ce qui est le plus crédible, c’est que les femmes (comme les hommes d’ailleurs) font ce qu’elles peuvent raisonnablement se permettre sans « tout foutre par terre ».

A l’époque où les ONG de développement démarraient des projets centrés sur les femmes africaines, Singleton proposa un projet qui lui semblait servir cette question en accord avec les usages locaux. Il s’agissait de créer des « exorcistes » destinés aux femmes, des personnes capables de bien gérer la possession, facilitant ainsi la résolution des conflits impliquant des femmes. Mais on lui a répondu que les ONG étaient là pour les civiliser, pas pour les enfoncer dans la stupidité et les superstitions ancestrales … Mais qu’est donc censé être le développement ? s’interroge l’anthropologue. Quand les ONG viennent avec leurs projets, elles tombent comme un cheveu dans la soupe mijotée depuis des siècles par les autochtones ! Ces projets occidentaux correspondent à tenter d’enfoncer un pieu rond dans un trou carré. C’est cadeau, certes. Mais dès que les représentants des ONG retournent chez eux, les populations locales se réapproprient les « cadeaux » des blancs pour en faire quelque chose de congruent à leur propre univers social.

Grâce aux esprits, les femmes arrivent à se libérer petit à petit, en fonction des possibilités concrètes de leur société, et non en fonction de l’idéal de l’américaine ou de l’européenne moyenne bourgeoise. De nombreux anthropologues se sont rendus compte du décalage entre ce que l’occident croyait être la dignité naturelle des femmes et ce qu’était le vécu et le conçu des femmes d’ailleurs. Il y a des divergences dues au milieu où l’on se trouve, où l’on est obligé de se retrouver.

Entre nature et culture

Pour la plupart des gens, il y a la dimension culturelle et la réalité naturelle. Un chien serait-il cet objet de la science reconnu par la zoologie ? Non, ce n’est pas LE chien, c’est le chien de la culture scientifique. Pour l’anthropologue, hors culture, il n’y a rien, surtout pas des choses naturelles !

A une autre époque, Léopold III, recyclé en anthropologue, a rencontré des « sauvages » de  deux extrêmes : d’un côté les Azmats de Papouasie-Nouvelle Guinée qui prenaient leurs voisins pour des « comestibles » ; de l’autre les Jains en Inde qui traitaient les insectes comme des êtres humains. Qui peut dire que les uns ont une idée trop exigüe de l’humanité et les autres une idée exagérée ?

Personne ne peut être nulle part et partout à la fois. Il faut assumer où nous nous trouvons, dans tel lieu, dans un carré, dans un triangle. Le Sénégalais, le scientifique, l’individu a le droit de prendre son chien, sa femme, son « god », son idée de l’homme, de la femme, comme relativement absolu, et de croire que c’est ce qui a été fait de mieux … Par contre, l’individu n’a pas le droit, ni de transformer son chien en LE chien, au risque de devenir intolérant, ni de parler au nom de sa propre culture qui dépasserait toutes les autres, car c’est une illusion d’optique occidentale.

Lorsque vous prenez votre culture pour la nature, il est essentiel, si vous voulez vivre en paix avec vos voisins, de négocier et de ne pas imposer votre idée comme si elle était la seule universellement valable. Nous ne pouvons pas faire appel à des réalités hors culture qui s’imposeraient d’elles-mêmes, il faut négocier au-dedans des cultures.

Il est impossible de chiffrer le nombre de cultures existantes, puisque cela dépend du niveau dans lequel on se place. Si je suis en compagnie de Français, je suis Belge ; si je suis en Belgique,  je suis Wallon ; si je suis Wallonie, je suis Namurois ; si je suis à Namur, je suis de derrière la gare ou de la citadelle. L’identité culturelle n’est donc pas clôturée, elle dépend de son interlocuteur.

Chacun a le droit de jouer au tennis et de préférer le tennis au ping pong, mais personne n’a pas le droit de juger le ping pong comme immoral ou trop petit, et de dire que seule la balle de tennis fait foi et loi. L’idée de la forme d’une balle est ronde, mais toutes les balles ont chacune une forme différente.

Si on enlève à un individu son sexe, son âge, sa couleur de peau, ses croyances, et pour ainsi dire toutes ses dimensions culturelles, on arrive enfin à l’essentiel, le cœur de l’artichaut, ce qui est commun à tous les hommes et à toutes les femmes : la nature humaine ! Mais l’essentiel n’est-il pas en fait un oignon ? Si on enlève les feuilles et les peaux de l’oignon, on finit par ne plus rien avoir en mains, car si on enlève le fait d’être homme ou femme, d’être riche ou pauvre, d’être noir ou blanc, etc : il n’y a plus rien ! Il nous faudrait respecter les différences, les épaisseurs incompressibles, ne pas avoir cette manie occidentale de faire abstraction de l’emballage pour arriver au cadeau, car celui-ci est toujours empoisonné.

Il est crucial de souligner qu’il n’y a pas une nature féminine qui devrait en principe être proposée, imposée à toutes les cultures, car nous parlons de chemins, des hommes et des femmes au pluriel, c’est le pluriel qui est fondamental. Le singulier substantiel est une illusion d’optique occidentale. Les autres cultures ont une idée de diversité incompressible entre les individus, entre les groupes.

Singleton prêche donc pour le dialogue interculturel, au nom des cultures, pas au nom d’une culture universelle.

Optique égologique ou allologique ?

In fine, nous pourrions diviser schématiquement les sociétés d’aujourd’hui en deux grands groupes : les sociétés modernes et les sociétés traditionnelles. Les premières seraient mues par une logique de l’individu, appelée « l’égologie » (logique de soi). Les secondes seraient mues par des logiques collectives, appelées « allologiques » (logique de l’autre). A la croisée des chemins, des paradigmes, entre cultures différentes, nous oscillons entre des choix de société, incompatibles et incompressibles, plus ou moins assumés, ou plus ou moins voulus.

L’individu d’occident prend ses racines dans une culture vieille de 2000 ans. Le chemin théorique vers les droits de l’Homme s’est développé, individualisé dans une optique « égologique », pour le soi tout seul. Parler du droit des peuples y est métaphorique, les peuples n’existent pas, il n’y a que des individus. Sans jugement moral, c’est un constat. Dans le cas de l’avortement, les femmes ont obtenu le droit de gérer leur corps. On a donc choisi de privilégier les droits de l’individu. Le rapport de l’alliance avec l’autre est intéressé, uniquement pour « mon » profit, en respectant l’autre tant qu’il ne compromet pas « mes » intérêts. Nous sommes probablement arrivés en Occident aujourd’hui à une extrémité, celle de  l’individualisme.

A l’inverse, dans d’autres cultures, c’est l’allologie qui dicte les rapports sociaux. A des degrés divers, l’individu y est convaincu de ne pas pouvoir être si ce n’est dans le rapport à l’autre, qui était là avant lui et qui sera là après lui. Il n’est pas le seul pilote dans un monoplace, mais dans un avion piloté presque de manière automatique par ses prédécesseurs (les ancêtres). Sans réactiver le cliché de la horde primitive, lorsque domine l’allologie, l’individu hors famille n’existe pas. Il n’y a pas de sécurité sociale ; dès lors, (s’entendre avec) l’autre est une nécessité vitale. L’autre est omniprésent par la force des choses, ce n’est pas une question de choix vertueux.

Dans la différence de cultures, s’il y a un « cercle » et un « triangle », certains diront que le cercle a raison : malheureusement, c’est ce qui se passe souvent avec la culture occidentale. Les individus ne rêvent que de s’approcher du modèle occidental. A l’inverse, certaines personnes occidentales sont fascinées par le triangle et peuvent alors se délocaliser. Mais on ne sort toujours pas alors de la dialectique thèse/antithèse.

Dans l’interculturel, nous sommes prêts à prendre certains aspects d’une autre culture, comme manger du couscous de temps en temps. Mais ça ne va pas très loin, puisque chacun campe sur ses positions.

L’humanité post-humaine ?

Quand nous dialoguons à propos des hommes et des femmes dans l’interculturel, nous ne sommes pas prêts à lâcher du leste et à nous retrouver demain dans un lieu inédit où les hommes et les femmes ne se reconnaîtront plus tels qu’ils et elles sont aujourd’hui.

Si on souhaite repenser l’alliance entre les hommes et les femmes, il est sans doute  indispensable de sortir de l’idée antinomique que nous nous faisons aujourd’hui de l’homme « naturel » et de la femme « naturelle ». Pour s’émanciper de l’idée même qu’une réconciliation soit nécessaire, il faut comprendre que nous sommes habités de croyances qui n’ont rien de naturel mais qui s’intègrent au contraire dans une logique plus vaste qui fait tourner l’ensemble de la société. Ensuite, par la compréhension mutuelle et l’imagination, il nous faudrait créer et intégrer un nouveau paradigme post-religieux, post-scientifique, post-développement et même post-décroissance, et surtout post-dichotomique homme/femme qui jetterait les bases d’un nouveau « vivre ensemble » sans mettre un sexe en confrontation avec l’autre.

Car selon les calculs des pontes parisiens, l’Humanité en a encore pour 3 millions d’années devant elle, poussée par les forces de l’évolution, avec déjà les 3 millions d’années derrière nous ! Croyez-vous que nous resterons homme ou femme ? Pour demain, rêvons d’une humanité post-humaine, post homme et femme …

 

Avec le soutien de la Maison du Développement Durable de Louvain-la-Neuve.

Tous les partenaires

3 avril 14 – Femmes et hommes : rapports de force et luttes de pouvoir dans le couple

vidalgrafConférence par Carolle et Serge Vidal-Graf, Louvain-la-Neuve - Accéder à la vidéo et à la synthèse …

 

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence

Au cours de cette conférence, Carolle et Serge VIDAL-GRAF distingueront le rapport de force permanent de la lutte de pouvoir occasionnelle.
Lorsque le rapport de force, inévitable et sain, génère un conflit au sein du couple, on entre dans le domaine de la lutte de pouvoir.
Le rapport de force est parfaitement compatible avec une relation d’amour.  Plus il sera reconnu et mis au travail, mieux le couple s’en portera. A contrario, plus il sera nié, plus la vie de couple sera chaotique.
Nos deux conférenciers nous proposeront d’apprendre à « bien » se disputer, à négocier, à élaborer des compromis satisfaisants.
L’exposé sera suivi d’un temps de questions/réponses.

-> Plus d’informations sur Carolle et Serge Vidal-Graf : Carolle Graf - Serge Vidal

Synthèse de la conférence réalisée par l’équipe projet

Rapport rédigé par Valérie Moeneclaey.  Merci à Marcel Linsmeau, Pascal Cambier, Florence Loos et Geneviève De Deschuyteneer pour leurs précieuses prises de notes. 

Carolle :

Introduction

Cette conférence concerne le « couple moyen qui essaie l’harmonie » et non les couples gravement dysfonctionnels (perversion, maltraitance).

Parler de rapport de force est délicat, car cette expression évoque souvent les disputes et les abus de pouvoir.

Voyons plutôt le rapport de force comme un rapport entre deux forces.

On peut rejeter l’abus de pouvoir sans pour autant rejeter la notion de puissance.

Ne méprisons pas nos puissances personnelles !

Dans toutes relations, dans tout système (que ce soit entre individus ou entre nations), il y a rapport de force.

Comment ces deux forces vont-elles interagir à ces différents niveaux : liberté, responsabilité, décision, initiative.

Qui a le pouvoir ?

Aujourd’hui, la préférence va au modèle égalitaire.

L’idéal serait le partage du pouvoir à 50 – 50.

A cet idéal, s’ajoute un autre dictat : « on doit s’aimer ».
Comment concilier les deux ?

- Si les deux sont d’accord, il peut y avoir une locomotive et un suiveur.

- Dans certains domaines, on peut choisir de laisser plus de pouvoir à l’autre

Exemple : deux façons d’être passager : je laisse toute liberté à l’autre quant à l’itinéraire et la vitesse ou j’interviens sans cesse pour lui donner des injonctions.

Au départ, le partage du pouvoir s’effectue le plus souvent de façon implicite. Dans un premier temps, on fait tout à deux. Puis, de façon insidieuse, les différents domaines de pouvoir se répartissent.

Selon quels critères choisit-on ses domaines de pouvoir ?

-  on l’a vu faire par sa mère (si on est une femme), par son père (si on est un homme)

- cela correspond à nos représentations stéréotypales

- on pense que c’est  « son devoir »

- on en a les compétences

-> Rarement parce qu’on aime l’activité en question !

Quand on est responsable d’une activité, d’un domaine, d’une tâche :  on a le pouvoir !

Le pouvoir n’est pas synonyme d’abus et d’autorité, il peut aussi être positif :

- j’ai confiance en mes compétences et je les mets au service de notre couple et de notre famille

- j’assume la responsabilité de mes décisions.

Quels sont ces domaines de pouvoir ?

- nombreux postes concernant la gestion de la maison

- l’argent (généralement, celui qui gagne le plus aura le plus de pouvoir)

- la sexualité (qui prend l’initiative ? )

- les loisirs, la culture, le sport

- les rapports sociaux (famille, amis, …)

- la spiritualité

- ET bien sûr les enfants !

La répartition du pouvoir

Chacun est responsable de son domaine, mais peut faire participer l’autre.
Exemple :

La liste des courses : 70% la femme – 30 % l’homme

La sexualité : 80% l’homme – 20% la femme

L’idéal n’est pas d’atteindre l’égalité dans chaque poste, mais de s’en rapprocher au total.

En effet, ce sont dans les domaines partagés à 50-50 qu’on se dispute le plus.

Les conflits

Il y a conflit dès qu’un des deux est insatisfait : il en fait trop ou pas assez à son goût, il n’aime pas son domaine, …

Soit on réharmonise ensemble soit on rentre dans un conflit.

Ce conflit va donner lieu soit à un jeu de pouvoir (conflit larvé) soit par une lutte de pouvoir (conflit ouvert).

Tout d’abord, dédramatisons !

Les conflits font partie de la vie. On grandit en traversant des difficultés.

Face aux rapports de forces, sortons du déni et rentrons dedans pour mieux les comprendre.

Serge :

Les jeux de pouvoir

Vu de l’extérieur, pas de conflit car pas de dispute, pas de cris. L’affrontement est sournois, non reconnu et implicite. C’est un « bras de fer souriant »

Cela se manifeste par du chantage affectif, de la culpabilisation et des menaces plus ou moins voilées.

Quelques expressions typiques du jeu de pouvoir :

« Tu serais vraiment gentil de … »

« Si tu veux me faire plaisir, pense à … »

« Je me trompe ou ça fait longtemps que… »

« J’ai oublié. Tu sais comme je peux être distrait… »

Pourquoi le conflit est-il systématiquement évité ?

Parce qu’il y a une confusion entre le conflit et la rupture de la relation.

Par peur de perdre (la relation, l’être aimé), certains sont prêts à tout pour éviter le conflit : se victimiser, ne pas exprimer ses besoins et encore moins les satisfaire.

Or vouloir une vie sans conflit, c’est vouloir une « vie sans vie »

Curieusement, ceux qui évitent le conflit avec leur conjoint ne l’évitent pas avec leurs enfants parce qu’ils savent qu’il n’y a pas de risque que la relation se rompe.

Cet évitement est le résultat d’un conflit psychologique assez répandu qui correspond au « passif – agressif » : c’est le ou la gentille, qui est toujours d’accord, mais le fait payer cher (en boudant, en étant distrait, maladroit, en retard… )

Un conseil à ceux qui vivent avec un « passif – agressif » : rentrez leur dans le lard ! Ils ne sont pas aussi gentils qu’ils en ont l’air !

 

Carolle :

La lutte de pouvoir

On crie, des portes claquent, la colère éclate… c’est le conflit ouvert.

Il peut y avoir des luttes de pouvoir éphémères pour un détail : ce n’est pas tout le rapport de force qui est remis en question, mais un domaine. Exemple : l’un veut qu’on enlève ses chaussures à l’entrée, l’autre veut les garder. Qui va gagner ?

Dans ces cas peu graves, on pourra utiliser les techniques de résolution de conflits.

Mais il y a aussi des luttes de pouvoir qui remettent en question le rapport de force global du couple.

Souvent après 10-12 ans de vie commune, on commence à se disputer sans arrêt et pour des riens, c’est le signe que l’équilibre est rompu. Il est temps de rediscuter le rapport de force global de manière explicite.

 

Serge :

La colère

Grand sujet, qui mériterait toute une conférence !

Dans un conflit ouvert, la colère doit avoir sa place. C’est une émotion de base, mal aimée, car associée à la violence. Or personne n’a envie d’être violent ou de subir la violence.

Pourtant, c’est une énergie magnifique. C’est la force du feu qui dit : « stop, ça ne  me convient pas ! »

La colère, sa force, son intensité, sa puissance, permet à celui qui est en colère d’exister.
Colère et Amour font bon ménage… pour en savoir plus, lisez notre livre « La colère, cette émotion mal aimée : exprimer sa colère sans violence » (Jouvence)

 

Comment sortir d’un conflit ?

Les conflits sont nécessaires, mais n’en faisons pas une addiction.

Plusieurs pistes :

1) l’anticipation  et la négociation

Cela prend du temps, mais ce n’est pas du temps perdu.
Beaucoup ont peur de la négociation, car :

- croyance qu’il y a toujours un perdant (celui moins à l’aise avec la parole croit qu’il va se faire embobiner)

- peur de ne pas pouvoir aller au bout de ce qu’il a à dire

D’où la nécessité d’un bon outil de communication :

            2) L’écoute silencieuse

* un cadre : Prendre rdv – ne pas être interrompu par l’extérieur – avoir du temps

* l’un parle, l’autre écoute et s’engage à ne pas intervenir : il est le réceptacle respectueux de la parole de l’autre.

Sachant qu’il n’a pas à « réagir », il est plus attentif.

Cela peut prendre du temps, peut comporter des moments de silence et s’achève au moment où celui qui a la parole annonce « j’ai fini ».

*Cette technique permet l’accueil des émotions (tristesse, colère, …), mais également d’échapper aux stériles  « c’est faux », « c’est pas ce que j’ai dit »…

* Elle peut être plus difficile pour les hommes, peu habitués à être des réceptacles (sans rien faire !)

* A quel rythme ?

Ni tous les jours, ni tous les ans. Tous les mois est une bonne fréquence.

Conseil de fixer la séance suivante dès la séance finie.

La régularité permet de se dire également des choses agréables.

Dans le cas contraire, il y aurait une réticence à revivre l’aventure.

* Quels sujets ?

Tous ! L’état de la relation (aux niveaux émotionnel, sexuel et affectif), la jalousie, le désir pour un tiers, par exemple. Ou encore les enfants, l’argent, les projets…

Se servir de l’agenda peut ramener les souvenirs des événements vécus à deux.
En cas d’urgence, ne pas hésiter à faire une séance intermédiaire.

Pour en savoir plus, lisez notre livre « Mais tu ne m’avais jamais dit ça : la communication intime dans le couple » (Jouvance)

 

Carolle :

Femme et égalité : au sein du couple et dans la société !

Les hommes ont du mal avec le pouvoir, car ils ont été associés à l’abus de pouvoir.

Les femmes également ont du mal à accepter leur pouvoir.

Parce qu’elles ont toujours eu l’habitude d’être secondes ?

Parce qu’elles n’ont pas la force physique ?

Parce qu’elles confondent pouvoir et abus de pouvoir ?

Il est important qu’elles se posent la question, lors d’une décision : le font-elles pour leur épanouissement personnel ou pour l’épanouissement du couple, de la famille ?

Il serait temps de revaloriser les activités liées à la maison : ces activités offrent une qualité de vie au couple, aux enfants, aux amis, à la société tout entière.

Historiquement, les femmes avaient le pouvoir à la maison, et uniquement à la maison. Maintenant que les femmes prennent du pouvoir à l’extérieur, elles vivent leur pouvoir à l’intérieur comme une corvée. Les hommes sont prêts à les aider, mais elles ne veulent pas déléguer. Elles veulent tout faire et en plus elles râlent (la fatigue et la mauvaise humeur, c’est une forme de pouvoir).

« Fais ça comme je te le dis » « C’est plus vite fait quand je le fais moi-même » : les hommes abandonnent, car de toute façon, c’est « jamais bien ».

Les femmes auraient beaucoup plus de pouvoir à l’extérieur si elles acceptaient de partager le pouvoir intérieur de la maison. A l’extérieur, il y aurait plus de temps – plus d’espace de pouvoir pour la femme et moins de temps – moins d’espace de pouvoir pour l’homme (occupé à l’intérieur).

Pour motiver les hommes, revalorisons les activités liées à la maison (ne parlons plus de « corvées »)

 

Conclusion :

A chaque couple de discuter et définir la répartition des domaines de pouvoir.

En sachant qu’aucun équilibre n’est stable, et que tout change constamment en fonction de nombreux facteurs extérieurs.

 

Réponses aux questions du public

Précision à propos de la colère :

Je suis en colère et je dis : je ne suis pas d’accord. Je ne suis pas « la » colère au point de perdre la conscience de ce je dis ou fais.  Restons présents à nous-mêmes, restons aux commandes en alliant raison et émotion.

Jeu de pouvoir ou lutte de pouvoir ?

Dans la majorité des couples, l’un est plus dans le jeu, l’autre dans la lutte. L’un confronte, l’autre calme le jeu. Les deux sont nécessaires.

A propos de l’écoute silencieuse :

- C’est l’ego en moi qui a envie de dire « c’est pas vrai ». Ce qui est important, ce n’est pas ce qui a été dit, mais l’émotion vécue par l’autre.

- Témoignage de Serge et Carolle : en cas de sérieuse crise, l’écoute silencieuse ne résolvait magiquement pas notre problème, mais de séance en séance, nous avancions dans le processus.

- Se raconter, se dire… ça s’apprend.

- Important que les deux soient volontaires et bien intentionnés

- Eviter l’accumulation de reproches : parler en « je » : « j’ai compris les choses comme cela lorsque tu… »

- Impossible d’échapper au langage non verbal : raison de plus pour éviter les signes non verbaux trop explicites.

- Proposition de rentrer dans la méta – communication.  Exemple : j’ai peur de te parler parce que …

 

A propos des domaines de pouvoir :

Un participant témoigne qu’il peut passer beaucoup de temps à faire quelque chose et que sa partenaire s’octroie tout le pouvoir par une appréciation négative.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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6 mars 14 – Femmes et hommes : quels rapports de force dans la sphère publique ?

FGoffinetConférence par Françoise Goffinet, Sociologue – Accéder à la vidéo en ligne et à la synthèse….

 

 

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence

En partenariat avec l’ ACRF, Femmes en milieu rural, et le soutien de la Fédération Wallonie -Bruxelles et de la Province de Namur, Affaires sociales :

A partir de l’expérience et des études réalisées par l’Institut de l’Egalité des Femmes et des Hommes, Françoise Goffinet nous parlera des enjeux actuels de l’égalité des femmes et des hommes dans la sphère publique : dans la vie au travail, en entreprise, dans la vie citoyenne, en politique, dans la famille avec la conciliation vie professionnelle-vie privée, …

-> Plus d’informations sur l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes : IEFH

Synthèse de la conférence réalisée par l’équipe projet

Synthèse rédigée par Valérie Moeneclaey. Merci à Bénédicte Mairy pour sa précieuse prise de notes.

Dans le monde du travail

1975 : A travail égal, salaire égal.
Cette loi est une obligation non assortie de sanctions. Dans la réalité, les femmes sont encore moins payées que les hommes.
Il y a un écart de 10%/heure de travail. Si on prend en considération les temps partiels, cet écart s’élève à 23%

Ce qui empêche les femmes de bénéficier des mêmes avantages que les hommes ?

- Quand un homme prend un temps partiel, c’est pour se former ou devenir indépendant à titre complémentaire : il reste dans le milieu du travail et augmente ses compétences. Quand une femme prend un temps partiel, c’est pour s’occuper de ses enfants. Sa couverture « chômage – maladie – pension » diminue.

- Bien que les filles sortent plus diplômées que les hommes, elles ne sont très peu (8%) à s’engager dans une formation continue. D’abord parce que jusqu’en 2004, la formation continue était réservée aux temps pleins. Ensuite, parce que quand on travaille à temps partiel il est très mal vu d’en plus s’absenter pour se former. Cela a pour conséquence qu’on ne progresse plus dans la hiérarchie et qu’on devient moins compétent que ses collègues « formés ».

- Les femmes travaillent sur un plancher gluant : le manque d’accueil dans les crèches les pousse à rester à la maison.

- Les femmes travaillent sous un plafond de verre : elles se cantonnent dans les 10 métiers principalement voués à l’éducation et aux soins. Ces métiers n’offrent que des carrières « plates » càd n’offrant que peu de possibilité d’avancement. Les hommes occupent plus de 250 professions dont beaucoup avec possibilité d’avancement.
Ce problème doit être envisagé avant l’arrivée dans le monde du travail : dès l’orientation scolaire.

Réactions du public :

- Les hommes sont souvent mal perçus par leur employeur lorsqu’ils veulent plus s’occuper de leurs enfants ou prendre un temps partiel (témoignage)

Fr. G : Il y a tout un travail à faire pour sensibiliser les employeurs et les travailleurs à la parentalité masculine. Il est vrai que lorsqu’il ose demander un temps pour s’occuper de ses enfants, un homme le paie 3X plus cher qu’une femme.

- Est-ce vraiment une guerre des sexes ? Ne serait-ce pas plutôt une guerre économique : aujourd’hui, pour vivre avec le confort proposé par la société, il faut que les deux travaillent. (témoignage)

- Que pensez vous ? de la surféminisation de l’enseignement ?

Fr. G : Cela a des effets désastreux. Il y a un réel intérêt à avoir une mixité dans ces domaines. Il faut revaloriser les métiers liés à l’éducation et aux soins.  Il y aura alors une parité entre les femmes et les hommes.

- Et si c’était le féminin qui a été dévalorisé ?

 

Dans le monde politique

1921 – élections communales ouvertes aux femmes
1948 – élections fédérales ouvertes aux femmes
1994 – 1er quota relatif aux candidatures : pas plus de 2/3 de personnes du même sexe
2002 – parité et alternance des sexes pour les 3 premières places
2018 – Bxl et Wallonie – obligation de la « tirette » : un homme – une femme en alternance sur toute la liste

Constats :

- On vote moins pour les femmes que pour les hommes

- les femmes font moins de mandats

- les femmes sont présentes à l’Europe, mais peu au niveau communal

Causes :

- le poids des normes masculines + blagues sexistes

- lors des disscussions « 3ème mi-temps » où se jouent les relations, elles sont déjà à la maison pour s’occuper de leur foyer

On constate les mêmes difficultés pour les femmes de pendre une place dans les organisations syndicales et le monde associatif (éducation permanente, théâtre sport, ..)

Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de partage équilibré des tâches ménagères. Elles ont moins de temps pour elles et donc pour s’investir dans le monde associatif.

Effet pervers du congé de maternité : puisqu’elles sont à la maison, les femmes prennent en charge les tâches ménagères. Leur travail réintégré, elles continuent.

Réactions du public :

- Je suis active dans une fédération d’étudiant : les jeunes femmes bougent beaucoup.

Fr. G : C’est quand les jeunes rentrent dans la parentalité que l’égalité diminue.

- Je remarque l’attrait des femmes pour les hommes de pouvoir plus que pour le pouvoir en lui-même (exple : le succès du livre « 50 nuances de Grey » – écrit par une femme)

- Cette conférence dénonce surtout l’inégalité subie par les femmes. Les hommes vivent aussi des difficultés.

- La différence des genres peut être utile : la complémentarité a plus d’intérêt que le rouleau compresseur de l’égalité.

- En tant que femme, je pense qu’il est important de prendre notre place dans la société avec notre spécificité de femmes.

 

 

 

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30 Janv 14 – Femmes et Hommes : Monde nouveau, Alliance nouvelle

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Conférence par Thomas d’Ansembourg, Bruxelles – Accéder à la vidéo et à la synthèse …

 

 

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence par Thomas d’Ansembourg

Notre monde émerge de siècles de patriarcat. Les hommes et les femmes se sont longtemps fait violence, en négligeant largement leur sensibilité et leur intériorité, comme leurs besoins de sens, de beauté, de tendresse et de proximité.

Cette violence intérieure s’est contaminée à l’extérieur, transformant la plupart de leurs rapports en rapports de forces : domination-soumission-possession-exclusion-manipulation-compétition-séduction…qu’il s’agisse du rapport  à l’autre et à l’altérité, au monde, à la nature, à l’argent, au pouvoir, et aux enfants.

Aujourdhui nous avons l’occasion d’être à la fois acteurs et témoins d’un monde nouveau en émergence. Après des siècles où le devoir, le sacrifice et la tradition ont télécommandé les pensées et les comportements, souvent au mépris de l’individu, il semble en effet nouveau dans l’histoire des hommes que tant d’être humains se mettent à chercher consciemment un sens personnel et vivant à leur existence, sans nécessairememnt s’affilier à une appartenance. La notion de devoir se ravive en don d’amour et quète de sens ; celle de sacrifice fait place au sens du sacré et celle de tradition se mue en élan de vie, en élan créateur.

Le couple nouveau, se dégageant des codes et des modes, choisit l’échange et le partage des responsabilités en fonction des goûts et des talents. En cheminant davantage dans l’ouverture de cœur et de conscience, il cherche à conjuguer – de façon vivante, féconde et fluide – la responsabilité et la liberté, l’autonomie et l’engagement, l’attention à ce qui dure comme à l’instant présent.

Ainsi fondée et inspirée, l’alliance de la femme et de l’homme se renouvelle . L’ « intériorité transformante » semble être le creuset de ce renouvellement, le creuset qui permet le passage du Je au Nous. Cette évolution  contribue à encourager une citoyenneté nouvelle, nourrie de l’intériorité de chacun et davantage responsable du bien être de la planète Terre et de tout ce qui est vivant.

-> Plus d’informations sur Thomas d’Ansembourg : Thomas d’Ansembourg

 

Synthèse de la conférence réalisée par l’équipe projet

Synthèse rédigée par Valérie Moeneclaey. Merci à Corinne Mommen et Bernard de Renesse pour leurs précieuses prises de notes.

Sortons  …

* des habitudes de la domination patriarcale et de la hiérarchie pyramidale

* du mythe de la croissance et des richesses illimitées

* de la fracture grandissante entre les riches et les pauvres

* de la course et de la compétition

* de la culture du malheur - « On n’est pas là pour rigoler »  - interdiction d’être heureux

* des relations humaines vécues dans le rapport de force, la violence, l’opposition, la manipulation et la séduction

* de l’humain chosifié et coupé du sacré

* de la peur de la différence, de la peur du féminin extérieur et intérieur.

* d’une vision romantique du couple : « L’autre est ma moitié » « je ne suis rien sans l’autre »

Pour obtenir autre chose, pensons autrement !

Allons vers…

Soyons lucides ! Cessons d’entretenir le problème alors que nous voulons la solution !

Au niveau sociétal :

* Démantelons l’encodage millénaire du patriarcat, remettons en question nos systèmes de référence et soyons vigilants !

* Rentrons dans un apprentissage de la relation à soi/ à l’autre (beaucoup de choses s’apprennent, l’art des relations aussi !)

* Rentrons dans un autre rapport au temps : ralentissons !

* Respectons la nature et notre propre nature : nourrissons notre appartenance à la Vie et sortons du décalage entre ce que je veux vivre et les rôles que je subis.

* Déployons nos spécificités au-delà des rôles déterminés par l’éducation, des schémas de pensée inculqués, des croyances et des préjugés.

* Développons une nouvelle conscience grâce à l’intelligence collective

* Établissons des liens entre travail sur soi et citoyenneté

* Dépassons le « je » et le « tu » ; prenons soin du « nous »

Au niveau individuel :

* Suivons notre « fil rouge » : apporter sa note, sa contribution au monde procure un profond contentement de tout notre être, dans notre relation à nous-mêmes, à l’autre, et au plus grand (Dieu, la Vie, l’Esprit, …)

* Faisons le lien entre notre intériorité et la communauté, Nous tous, la Vie, le Vivant.

* Réunifions-nous intérieurement pour permettre la réunification du monde extérieur.

* Pacifions notre relation au temps. Cela permettra également de pacifier mes relations avec moi-même et avec l’autre

* Allons à la rencontre de qui nous sommes vraiment (même si cela passe par des processus parfois inconfortables)

* Remettons en question nos systèmes de référence

* Intégrons en nous courage et humilité. Coupler en soi ces deux valeurs permet de sortir du jeu extérieur domination / soumission.

* Passons de l’ego (j’ai peur de perdre, je compte ce que je donne et ce que je reçois ou pas) à l’Être (j’aspire à vivre les choses sur un autre palier de conscience)

* Dépistons en nous les mécanismes qui sabotent notre accès au bonheur

* Acceptons la transformation. Tout ce qui a forme se transforme et se déforme. À quoi est-ce que je m’attache ? Au provisoire ou à l’essence ? (exemple de l’œuf qui, s’il veut garder sa forme parfaite, va fortement puer !)

* Acceptons la transformation dans la durée. Si je ne suis pas heureux de ce qui m’arrive maintenant, cela ne veut pas dire que ce qui m’arrive n’est pas heureux. Le bonheur s’installe dans la durée, et pas nécessairement de façon confortable. Ainsi les frictions (du processus alchimique) sont là pour nous permettre d’éclore.

* Apprivoisons notre part d’infini. Coincée dans un corps fini, notre part d’infini nous pousse bien au-delà de ce que nous pouvons vivre. Réconcilions la limitation de la réalité avec notre élan vers l’infini en fréquentant régulièrement notre part d’infini. Par la méditation, la contemplation du beau, la musique, les états de gratitude … Mais surtout grâce à la rencontre avec l’autre. Plutôt que de faire payer à l’autre tout ce qu’il nous empêcherait de vivre, nourrissons notre part d’infini en réenchantant la relation.

Au niveau de la relation :

- Passons du « je dois » à « j’y tiens parce que j’aime »

- Pour passer du « devoir – sacrifice » à la quête de sens et à l’élan créateur, créons du sacré !

- Aimons-nous et aimons l’autre pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait

- Honorons nos liens d’amour tout en restant sur notre fil rouge

- Apprenons à dire « non » au bon moment et dans la bonne mesure

- Faisons bon usage de nos émotions : transformons-les !

- Exprimons nos besoins et explorons quels véritables besoins se cachent derrière nos besoins « officiels »

- Acceptons le désaccord. Que voulons-nous? Être heureux ou avoir raison ? Soyons d’accord que nous ne sommes pas d’accord. Créons une troisième voie entre tes besoins et mes besoins.

- Autorisons-nous la vulnérabilité et choyons l’autre dans sa vulnérabilité. La vulnérabilité est une facette de la force et non son opposé

- Enrichissons-nous de la différence

- Écoutons-nous vraiment et au bon endroit

- Consacrons un temps de présence et de disponibilité à soi et à l’autre

- Célébrons les choses qui vont bien. Arrêtons de croire que « ça va de soi ». Rien ne va de soi. Tout est le produit d’un processus d’amour. Exprimons notre gratitude pour cette expression d’amour. Disons-nous régulièrement « merci ». Les « mercis » font partie des bûches qui alimentent régulièrement le feu.

Et plus spécifiquement au niveau de la relation de couple :

- Définissons, en couple, nos valeurs : que souhaitons-nous vivre dans le couple ?

Le couple est un chemin initiatique, un creuset pour travailler notre besoin d’unité. Ce processus alchimique nous permet de passer de la souffrance à la plénitude, de l’ego à l’être, de la séparation à la cohérence. Les frictions de ce processus alchimique, parfois douloureuses, permettent la transformation du plomb en or et le passage de l’ombre à la lumière. Le couple vécu comme un processus alchimique est un chemin : nous sommes en route !

QUESTIONS-PUBLIC :

Y a-t-il des comportements typiquement féminins / masculins ?

Peut-être. Si cela apparaît, ce n’est pas naturel, mais culturel !

Au lieu de nous poser les questions « qu’est-ce qui est féminin ? » « qu’est-ce qui est masculin ? », réconcilions notre couple intérieur. Au lieu de nous cantonner dans des rôles, au lieu de nous enfermer chacun dans notre polarité, faisons danser notre couple intérieur !

Que pensez-vous du polyamour ?

Pour moi, le polyamour ne pose pas un problème moral, mais un problème pratique. La disponibilité à l’autre est essentielle pour la qualité de la relation. C’est déjà un fameux défi d’organiser ma vie (mon boulot, mes hobbys, ma vie personnelle…) tout en étant disponible à ma partenaire. Si je multiplie les partenaires, quelle sera la qualité de ma disponibilité ?

Et pourtant, il y a une partie de moi qui rêverait de me rendre disponible à d’autres femmes… De nouveau, la question se pose : suis-je prêt à accepter que je suis un être limité avec des aspirations vers l’infini ? Je choisis, pour nourrir mes aspirations vers l’infini, de vivre d’autres expériences que le polyamour. Par exemple quand je fais l’expérience de l’engagement, quand je vis une relation intime de plus en plus profonde avec moi et avec ma partenaire, je suis en connexion avec ma part d’infini.

Conférence organisée en partenariat avec  TETRA asbl

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