30 Janv 14 – Femmes et Hommes : Monde nouveau, Alliance nouvelle

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Conférence par Thomas d’Ansembourg, Bruxelles – Accéder à la vidéo et à la synthèse …

 

 

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence par Thomas d’Ansembourg

Notre monde émerge de siècles de patriarcat. Les hommes et les femmes se sont longtemps fait violence, en négligeant largement leur sensibilité et leur intériorité, comme leurs besoins de sens, de beauté, de tendresse et de proximité.

Cette violence intérieure s’est contaminée à l’extérieur, transformant la plupart de leurs rapports en rapports de forces : domination-soumission-possession-exclusion-manipulation-compétition-séduction…qu’il s’agisse du rapport  à l’autre et à l’altérité, au monde, à la nature, à l’argent, au pouvoir, et aux enfants.

Aujourdhui nous avons l’occasion d’être à la fois acteurs et témoins d’un monde nouveau en émergence. Après des siècles où le devoir, le sacrifice et la tradition ont télécommandé les pensées et les comportements, souvent au mépris de l’individu, il semble en effet nouveau dans l’histoire des hommes que tant d’être humains se mettent à chercher consciemment un sens personnel et vivant à leur existence, sans nécessairememnt s’affilier à une appartenance. La notion de devoir se ravive en don d’amour et quète de sens ; celle de sacrifice fait place au sens du sacré et celle de tradition se mue en élan de vie, en élan créateur.

Le couple nouveau, se dégageant des codes et des modes, choisit l’échange et le partage des responsabilités en fonction des goûts et des talents. En cheminant davantage dans l’ouverture de cœur et de conscience, il cherche à conjuguer – de façon vivante, féconde et fluide – la responsabilité et la liberté, l’autonomie et l’engagement, l’attention à ce qui dure comme à l’instant présent.

Ainsi fondée et inspirée, l’alliance de la femme et de l’homme se renouvelle . L’ « intériorité transformante » semble être le creuset de ce renouvellement, le creuset qui permet le passage du Je au Nous. Cette évolution  contribue à encourager une citoyenneté nouvelle, nourrie de l’intériorité de chacun et davantage responsable du bien être de la planète Terre et de tout ce qui est vivant.

-> Plus d’informations sur Thomas d’Ansembourg : Thomas d’Ansembourg

 

Synthèse de la conférence réalisée par l’équipe projet

Synthèse rédigée par Valérie Moeneclaey. Merci à Corinne Mommen et Bernard de Renesse pour leurs précieuses prises de notes.

Sortons  …

* des habitudes de la domination patriarcale et de la hiérarchie pyramidale

* du mythe de la croissance et des richesses illimitées

* de la fracture grandissante entre les riches et les pauvres

* de la course et de la compétition

* de la culture du malheur - « On n’est pas là pour rigoler »  - interdiction d’être heureux

* des relations humaines vécues dans le rapport de force, la violence, l’opposition, la manipulation et la séduction

* de l’humain chosifié et coupé du sacré

* de la peur de la différence, de la peur du féminin extérieur et intérieur.

* d’une vision romantique du couple : « L’autre est ma moitié » « je ne suis rien sans l’autre »

Pour obtenir autre chose, pensons autrement !

Allons vers…

Soyons lucides ! Cessons d’entretenir le problème alors que nous voulons la solution !

Au niveau sociétal :

* Démantelons l’encodage millénaire du patriarcat, remettons en question nos systèmes de référence et soyons vigilants !

* Rentrons dans un apprentissage de la relation à soi/ à l’autre (beaucoup de choses s’apprennent, l’art des relations aussi !)

* Rentrons dans un autre rapport au temps : ralentissons !

* Respectons la nature et notre propre nature : nourrissons notre appartenance à la Vie et sortons du décalage entre ce que je veux vivre et les rôles que je subis.

* Déployons nos spécificités au-delà des rôles déterminés par l’éducation, des schémas de pensée inculqués, des croyances et des préjugés.

* Développons une nouvelle conscience grâce à l’intelligence collective

* Établissons des liens entre travail sur soi et citoyenneté

* Dépassons le « je » et le « tu » ; prenons soin du « nous »

Au niveau individuel :

* Suivons notre « fil rouge » : apporter sa note, sa contribution au monde procure un profond contentement de tout notre être, dans notre relation à nous-mêmes, à l’autre, et au plus grand (Dieu, la Vie, l’Esprit, …)

* Faisons le lien entre notre intériorité et la communauté, Nous tous, la Vie, le Vivant.

* Réunifions-nous intérieurement pour permettre la réunification du monde extérieur.

* Pacifions notre relation au temps. Cela permettra également de pacifier mes relations avec moi-même et avec l’autre

* Allons à la rencontre de qui nous sommes vraiment (même si cela passe par des processus parfois inconfortables)

* Remettons en question nos systèmes de référence

* Intégrons en nous courage et humilité. Coupler en soi ces deux valeurs permet de sortir du jeu extérieur domination / soumission.

* Passons de l’ego (j’ai peur de perdre, je compte ce que je donne et ce que je reçois ou pas) à l’Être (j’aspire à vivre les choses sur un autre palier de conscience)

* Dépistons en nous les mécanismes qui sabotent notre accès au bonheur

* Acceptons la transformation. Tout ce qui a forme se transforme et se déforme. À quoi est-ce que je m’attache ? Au provisoire ou à l’essence ? (exemple de l’œuf qui, s’il veut garder sa forme parfaite, va fortement puer !)

* Acceptons la transformation dans la durée. Si je ne suis pas heureux de ce qui m’arrive maintenant, cela ne veut pas dire que ce qui m’arrive n’est pas heureux. Le bonheur s’installe dans la durée, et pas nécessairement de façon confortable. Ainsi les frictions (du processus alchimique) sont là pour nous permettre d’éclore.

* Apprivoisons notre part d’infini. Coincée dans un corps fini, notre part d’infini nous pousse bien au-delà de ce que nous pouvons vivre. Réconcilions la limitation de la réalité avec notre élan vers l’infini en fréquentant régulièrement notre part d’infini. Par la méditation, la contemplation du beau, la musique, les états de gratitude … Mais surtout grâce à la rencontre avec l’autre. Plutôt que de faire payer à l’autre tout ce qu’il nous empêcherait de vivre, nourrissons notre part d’infini en réenchantant la relation.

Au niveau de la relation :

- Passons du « je dois » à « j’y tiens parce que j’aime »

- Pour passer du « devoir – sacrifice » à la quête de sens et à l’élan créateur, créons du sacré !

- Aimons-nous et aimons l’autre pour ce qu’il est et non pour ce qu’il fait

- Honorons nos liens d’amour tout en restant sur notre fil rouge

- Apprenons à dire « non » au bon moment et dans la bonne mesure

- Faisons bon usage de nos émotions : transformons-les !

- Exprimons nos besoins et explorons quels véritables besoins se cachent derrière nos besoins « officiels »

- Acceptons le désaccord. Que voulons-nous? Être heureux ou avoir raison ? Soyons d’accord que nous ne sommes pas d’accord. Créons une troisième voie entre tes besoins et mes besoins.

- Autorisons-nous la vulnérabilité et choyons l’autre dans sa vulnérabilité. La vulnérabilité est une facette de la force et non son opposé

- Enrichissons-nous de la différence

- Écoutons-nous vraiment et au bon endroit

- Consacrons un temps de présence et de disponibilité à soi et à l’autre

- Célébrons les choses qui vont bien. Arrêtons de croire que « ça va de soi ». Rien ne va de soi. Tout est le produit d’un processus d’amour. Exprimons notre gratitude pour cette expression d’amour. Disons-nous régulièrement « merci ». Les « mercis » font partie des bûches qui alimentent régulièrement le feu.

Et plus spécifiquement au niveau de la relation de couple :

- Définissons, en couple, nos valeurs : que souhaitons-nous vivre dans le couple ?

Le couple est un chemin initiatique, un creuset pour travailler notre besoin d’unité. Ce processus alchimique nous permet de passer de la souffrance à la plénitude, de l’ego à l’être, de la séparation à la cohérence. Les frictions de ce processus alchimique, parfois douloureuses, permettent la transformation du plomb en or et le passage de l’ombre à la lumière. Le couple vécu comme un processus alchimique est un chemin : nous sommes en route !

QUESTIONS-PUBLIC :

Y a-t-il des comportements typiquement féminins / masculins ?

Peut-être. Si cela apparaît, ce n’est pas naturel, mais culturel !

Au lieu de nous poser les questions « qu’est-ce qui est féminin ? » « qu’est-ce qui est masculin ? », réconcilions notre couple intérieur. Au lieu de nous cantonner dans des rôles, au lieu de nous enfermer chacun dans notre polarité, faisons danser notre couple intérieur !

Que pensez-vous du polyamour ?

Pour moi, le polyamour ne pose pas un problème moral, mais un problème pratique. La disponibilité à l’autre est essentielle pour la qualité de la relation. C’est déjà un fameux défi d’organiser ma vie (mon boulot, mes hobbys, ma vie personnelle…) tout en étant disponible à ma partenaire. Si je multiplie les partenaires, quelle sera la qualité de ma disponibilité ?

Et pourtant, il y a une partie de moi qui rêverait de me rendre disponible à d’autres femmes… De nouveau, la question se pose : suis-je prêt à accepter que je suis un être limité avec des aspirations vers l’infini ? Je choisis, pour nourrir mes aspirations vers l’infini, de vivre d’autres expériences que le polyamour. Par exemple quand je fais l’expérience de l’engagement, quand je vis une relation intime de plus en plus profonde avec moi et avec ma partenaire, je suis en connexion avec ma part d’infini.

Conférence organisée en partenariat avec  TETRA asbl

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