6 mars 14 – Femmes et hommes : quels rapports de force dans la sphère publique ?

FGoffinetConférence par Françoise Goffinet, Sociologue – Accéder à la vidéo en ligne et à la synthèse….

 

 

Vidéo de la conférence 


Annonce initiale de la conférence

En partenariat avec l’ ACRF, Femmes en milieu rural, et le soutien de la Fédération Wallonie -Bruxelles et de la Province de Namur, Affaires sociales :

A partir de l’expérience et des études réalisées par l’Institut de l’Egalité des Femmes et des Hommes, Françoise Goffinet nous parlera des enjeux actuels de l’égalité des femmes et des hommes dans la sphère publique : dans la vie au travail, en entreprise, dans la vie citoyenne, en politique, dans la famille avec la conciliation vie professionnelle-vie privée, …

-> Plus d’informations sur l’Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes : IEFH

Synthèse de la conférence réalisée par l’équipe projet

Synthèse rédigée par Valérie Moeneclaey. Merci à Bénédicte Mairy pour sa précieuse prise de notes.

Dans le monde du travail

1975 : A travail égal, salaire égal.
Cette loi est une obligation non assortie de sanctions. Dans la réalité, les femmes sont encore moins payées que les hommes.
Il y a un écart de 10%/heure de travail. Si on prend en considération les temps partiels, cet écart s’élève à 23%

Ce qui empêche les femmes de bénéficier des mêmes avantages que les hommes ?

- Quand un homme prend un temps partiel, c’est pour se former ou devenir indépendant à titre complémentaire : il reste dans le milieu du travail et augmente ses compétences. Quand une femme prend un temps partiel, c’est pour s’occuper de ses enfants. Sa couverture « chômage – maladie – pension » diminue.

- Bien que les filles sortent plus diplômées que les hommes, elles ne sont très peu (8%) à s’engager dans une formation continue. D’abord parce que jusqu’en 2004, la formation continue était réservée aux temps pleins. Ensuite, parce que quand on travaille à temps partiel il est très mal vu d’en plus s’absenter pour se former. Cela a pour conséquence qu’on ne progresse plus dans la hiérarchie et qu’on devient moins compétent que ses collègues « formés ».

- Les femmes travaillent sur un plancher gluant : le manque d’accueil dans les crèches les pousse à rester à la maison.

- Les femmes travaillent sous un plafond de verre : elles se cantonnent dans les 10 métiers principalement voués à l’éducation et aux soins. Ces métiers n’offrent que des carrières « plates » càd n’offrant que peu de possibilité d’avancement. Les hommes occupent plus de 250 professions dont beaucoup avec possibilité d’avancement.
Ce problème doit être envisagé avant l’arrivée dans le monde du travail : dès l’orientation scolaire.

Réactions du public :

- Les hommes sont souvent mal perçus par leur employeur lorsqu’ils veulent plus s’occuper de leurs enfants ou prendre un temps partiel (témoignage)

Fr. G : Il y a tout un travail à faire pour sensibiliser les employeurs et les travailleurs à la parentalité masculine. Il est vrai que lorsqu’il ose demander un temps pour s’occuper de ses enfants, un homme le paie 3X plus cher qu’une femme.

- Est-ce vraiment une guerre des sexes ? Ne serait-ce pas plutôt une guerre économique : aujourd’hui, pour vivre avec le confort proposé par la société, il faut que les deux travaillent. (témoignage)

- Que pensez vous ? de la surféminisation de l’enseignement ?

Fr. G : Cela a des effets désastreux. Il y a un réel intérêt à avoir une mixité dans ces domaines. Il faut revaloriser les métiers liés à l’éducation et aux soins.  Il y aura alors une parité entre les femmes et les hommes.

- Et si c’était le féminin qui a été dévalorisé ?

 

Dans le monde politique

1921 – élections communales ouvertes aux femmes
1948 – élections fédérales ouvertes aux femmes
1994 – 1er quota relatif aux candidatures : pas plus de 2/3 de personnes du même sexe
2002 – parité et alternance des sexes pour les 3 premières places
2018 – Bxl et Wallonie – obligation de la « tirette » : un homme – une femme en alternance sur toute la liste

Constats :

- On vote moins pour les femmes que pour les hommes

- les femmes font moins de mandats

- les femmes sont présentes à l’Europe, mais peu au niveau communal

Causes :

- le poids des normes masculines + blagues sexistes

- lors des disscussions « 3ème mi-temps » où se jouent les relations, elles sont déjà à la maison pour s’occuper de leur foyer

On constate les mêmes difficultés pour les femmes de pendre une place dans les organisations syndicales et le monde associatif (éducation permanente, théâtre sport, ..)

Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a pas de partage équilibré des tâches ménagères. Elles ont moins de temps pour elles et donc pour s’investir dans le monde associatif.

Effet pervers du congé de maternité : puisqu’elles sont à la maison, les femmes prennent en charge les tâches ménagères. Leur travail réintégré, elles continuent.

Réactions du public :

- Je suis active dans une fédération d’étudiant : les jeunes femmes bougent beaucoup.

Fr. G : C’est quand les jeunes rentrent dans la parentalité que l’égalité diminue.

- Je remarque l’attrait des femmes pour les hommes de pouvoir plus que pour le pouvoir en lui-même (exple : le succès du livre « 50 nuances de Grey » – écrit par une femme)

- Cette conférence dénonce surtout l’inégalité subie par les femmes. Les hommes vivent aussi des difficultés.

- La différence des genres peut être utile : la complémentarité a plus d’intérêt que le rouleau compresseur de l’égalité.

- En tant que femme, je pense qu’il est important de prendre notre place dans la société avec notre spécificité de femmes.

 

 

 

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